Mozart

Concerto pour deux pianos et orchestre en Mi bémol majeur, K.365 - Andante

De toute la production classique, les œuvres qui me sont les plus familières sont les concertos de Mozart. Numérotés de 1 à 27, ils comptent pourtant un intrus, que j'ai découvert beaucoup plus tardivement que les autres : le numéro 10, alias K. 365, qui n'est pas un concerto pour piano, mais un concerto pour deux pianos. Régulièrement, j'oublie son existence, et tout aussi régulièrement je tombe en extase devant ce chef d'œuvre. Mozart est un grand architecte aux lignes symétriques, et c'est encore plus évident quand on écoute ce concerto : quoi de plus symétrique en effet que deux pianos ? Très souvent, les deux parties d'une pièce pour quatre mains sont polarisées selon des schémas humains classiques, tels que dominant/dominé, masculin/féminin, vigueur/sensualité. Ici, rien de tout cela : les pianos sont sexuellement indifférenciés, portant chacun tout à la fois vigueur lyrique, intensité dramatique, et énonciation raffinée. Et s'ils n'ont pas de sexe, ils forment pourtant le plus parfait des couples amoureux, l'un finissant la phrase par l'autre entamée. Cet amour ici asexué (ou plutôt indifférencié sexuellement), on l'imagine tout aussi volontiers, dans une version plus incarnée, entre deux personnages d'opéra. Mais voici ici la scène de déclaration de l'amour le plus pur, celui qui justement ne touche jamais terre parce que porté par deux claviers.

PS: Si lire un magnifique roman vous intéresse, je vous conseille "Corps et âme" de Frank Conroy, dans lequel ce concerto trouve une place toute particulière, puisque c'est avec cette œuvre que le héros, Claude, débute sa carrière de pianiste, en duo avec son ancien professeur de piano (et concertiste de renom), Charles Fredericks. Un roman que je n'ai pu lacher avant la dernière page, au sujet d'un pianiste prodige, bien sûr, mais qui évoque aussi la difficulté à faire face à la vie quand elle s'est montré trop généreuse. Rendez-vous au festival de Long Meadow, Massachusetts, avec Claude Rawlings et Charles Fredericks, plus bel épisode du roman !

Crédits

Compositeur Wolfgang Amadeus Mozart
Orchestre English Chamber Orchestra
Piano Murray Perahia
Piano Radu Lupu
Ajouté le 21 février 2007
23/11/2011
jean-pierre pouyet
J'ai tout simplement adoré ce livre également, et merci pour le commentaire sur Mozart: je vais courir écouter ce concerto pour 2 pianos que je ne connaissais pas!, bien à vous et à tous les amoureux des musiques qui font du bien.

L'air du septième ciel

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Références

Mozart : Concertos for Two & Three Pianos, Andante and variations for four hands in G major, K.501, Fantasia in F minor, K.608 (Murray Perahia, Radu Lupu, English Chamber Orchestra)

Sony Classical (2)

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Je ne sais pas ce que je cherche, je veux écouter un truc au pif.

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