- Haut de la page
- Cosi fan tutte - Soave sia il vento
- Concerto pour deux pianos et orchestre en Mi bémol majeur, K.365 - Andante
- Grande Messe en Ut mineur K.427 - Et Incarnatus Est
- Commentaires
Quand Mozart décollait…
L'air du septième ciel
On dit souvent que Mozart composait à l'encontre de ses états d'âmes ; triste, il composait une symphonie primesautière ; heureux, il écrivait un sombre adagio. Mais quelle que soit l'époque, surgissait parfois de son esprit un mouvement lent, libéré de toute contingence terrestre, aux élans miraculeux. En voici une sélection.
Mozart - Cosi fan tutte - Soave sia il vento
Durant sa vie, Mozart a concocté un certain nombre d'instants miraculeux ; j'en ai évoqué ou en évoquerai certains, mais pour aujourd'hui je me contenterai de citer celui-ci. Tout part d'une scène d'au revoir : deux couples se séparent (temporairement), et ne restent sur la rive que les deux femmes, Fiordiligi et Dorabella, accompagnées du vieil ami des deux hommes, Don Alfonso. Si les deux femmes sont sincères, Alfonso sait que ce départ n'est que factice. Mais tout le monde joue le jeu pour accompagner la barque qui s'éloigne du rivage. Et l'inspiration du librettiste semble avoir enflammé celle du compositeur : sur ce "suave soit le vent, tranquille soit l'onde...", flottent des cordes douces et paisibles, tandis que les trois chanteurs déploient chacun une ample ligne lyrique, aussi sublimes lorsqu'on les écoute ensemble que séparément.
Tranquille soit l'onde,
Puissent tous les éléments
Favorablement répondre
A nos désirs.
Tranquilla sia l'onda
Ed ogni elemento
Benigno risponda
Ai nostri desir.
| Compositeur | Wolfgang Amadeus Mozart |
|---|---|
| Direction | René Jacobs |
| Don Alfonso | Pietro Spagnoli |
| Dorabella | Bernarda Fink |
| Fiordiligi | Véronique Gens |
| Orchestre | Concerto Köln |
| Ajouté le | 15 juillet 2007 |
Mozart - Concerto pour deux pianos et orchestre en Mi bémol majeur, K.365 - Andante
De toute la production classique, les œuvres qui me sont les plus familières sont les
concertos de Mozart. Numérotés de 1 à 27, ils comptent pourtant un intrus, que
j'ai découvert beaucoup plus tardivement que les autres : le numéro 10, alias K.
365, qui n'est pas un concerto pour piano, mais un concerto pour deux pianos.
Régulièrement, j'oublie son existence, et tout aussi régulièrement je
tombe en extase devant ce chef d'œuvre. Mozart est un grand architecte aux lignes
symétriques, et c'est encore plus évident quand on écoute ce concerto :
quoi de plus symétrique en effet que deux pianos ? Très souvent, les deux parties
d'une pièce pour quatre mains sont polarisées selon des schémas humains
classiques, tels que dominant/dominé, masculin/féminin, vigueur/sensualité.
Ici, rien de tout cela : les pianos sont sexuellement indifférenciés, portant
chacun tout à la fois vigueur lyrique, intensité dramatique, et énonciation
raffinée. Et s'ils n'ont pas de sexe, ils forment pourtant le plus parfait des couples
amoureux, l'un finissant la phrase par l'autre entamée. Cet amour ici asexué (ou
plutôt indifférencié sexuellement), on l'imagine tout aussi volontiers, dans une
version plus incarnée, entre deux personnages d'opéra. Mais voici ici la scène
de déclaration de l'amour le plus pur, celui qui justement ne touche jamais terre parce que
porté par deux claviers.
PS: Si lire un magnifique roman vous intéresse, je vous conseille "Corps et
âme" de Frank Conroy, dans lequel ce concerto trouve une place toute particulière,
puisque c'est avec cette œuvre que le héros, Claude, débute sa carrière
de pianiste, en duo avec son ancien professeur de piano (et concertiste de renom), Charles
Fredericks. Un roman que je n'ai pu lacher avant la dernière page, au sujet d'un pianiste
prodige, bien sûr, mais qui évoque aussi la difficulté à faire face
à la vie quand elle s'est montré trop généreuse. Rendez-vous au festival
de Long Meadow, Massachusetts, avec Claude Rawlings et Charles Fredericks, plus bel épisode
du roman !
| Compositeur | Wolfgang Amadeus Mozart |
|---|---|
| Orchestre | English Chamber Orchestra |
| Piano | Murray Perahia |
| Piano | Radu Lupu |
| Ajouté le | 21 février 2007 |
Gardiner - Grande Messe en Ut mineur K.427 - Et Incarnatus Est (Mozart)
Voici la sérénade pour vents, version sacrée, avec le plus sacré des
instruments à vent, la voix.
Si on a souvent dit que celle de Dieu s'exprimait à travers la musique de Mozart, c'est
notamment en pensant à cet "Et Incarnatus Est". Le compositeur arrive à
suggérer un mouvement ascendant infini, comme une élévation extatique et
sereine vers la perfection. Et cette musique qui parle d'incarnation, a trouvée son
incarnation absolue dans le chant supernaturel de Sylvia McNair, entrelacée par les bois
(flûte, hautbois, basson) des English Baroque Soloists.
Cet enregistrement est un must absolu, et il ne faut pas manquer non plus le "Kyrie" qui
ouvre l'œuvre, avec la même chanteuse.
| Compositeur | Wolfgang Amadeus Mozart |
|---|---|
| Direction | John Elliot Gardiner |
| Orchestre | English Baroque Soloists |
| Soprano | Sylvia McNair |
| Ajouté le | 1er janvier 2003 |