Guillaume Tell
Difficile de s'imaginer à l'écoute de l'introduction de cette ouverture que l'on est
en train d'entendre l'une des plus célèbres ouvertures de Rossini. D'abord parce que
ce passage ne dira probablement rien à la plupart des auditeurs. Ensuite parce qu'on a plus
l'impression d'écouter un quatuor à cordes qu'un orchestre symphonique. Seul le
roulement de timbales (à 1'35") nous rappellera que les solistes que nous entendons ne
sont pas tout à fait seuls. Et enfin parce que cette ouverture Rossinienne est plutôt
grave. Le doute ne se dissipera qu'à 3'16". L'orchestre bruisse d'abord avec une
fièvre cachée, avant qu'éclate enfin le véritable premier thème
(4'10"). Guerrier, enfiévré, romantique pour le coup. Déchaînement,
combat, élans puissants, les coups de cymbales et de cuivres pleuvent. La tempête
semble se calmer quelque peu (5'00"), mais pour quoi ? Pour un thème bucolique
(6'00") entonné par les bois (flûte, hautbois). On entend la forêt et ses
petits oiseaux… Calme et volupté sylvestre se répandent ainsi pendant plus de
deux minutes. Il est brutalement coupé (8'38") par les cors qui fendent la forêt
de leur galop enfiévré. Brave, serré, ce thème est une occasion pour le
gros orchestre de montrer son agilité. Quelques petits exercices de virtuosité lui
sont même réservés. Il se termine dans une conclusion tourbillonante et
martelée (10'30").
Comparée aux deux précédentes, cette ouverture revêt un aspect beaucoup
plus romantique et descriptif. Il s'agit moins ici d'établir des thèmes que des
ambiances. La structure de cette ouverture est donc fort simple à établir :
quatre atmosphères s'y succèdent.
Les airs connus : il s'agit bien sûr et uniquement du thème chasseur et galopant
à 8'38". Les auditeurs de France Inter l'auront tous reconnus pour être le
générique du "Carrefour de l'Odéon".
Crédits
| Compositeur | Gioachino Rossini |
|---|---|
| Ajouté le | 12 décembre 2004 |