La gazza ladra (La pie Voleuse)
Les fans de Kubrick et surtout de son film "Orange mécanique" connaissent ce
morceau par cœur, puisque le réalisateur l'utilise dans son intégralité
durant une scène de bataille entre bandes rivales. Pour moi, il s'agit de la meilleure
ouverture, classiquement construite, thématiquement riche. Dans l'ordre, on trouve :
après quelques roulements de tambour, une marche au ton très solennel, quasi martial,
qui utilise d'emblée la totalité des pupitres. Le thème est assez
développé, et se permet même plusieurs modulations (à 1'00" et
à 1'45"). Changement d'atmosphère à 2'10" : l'orchestre ne
ménage pas ses effets pour mieux ménager le suspense… roulements de tambour,
mouvement cyclique court… accords successifs. Démarre alors un thème haletant
(2'35"), serré, nerveux. Courte pause par pas ascendants (2'54"), avant de
reprendre. Le mouvement cyclique gagne en puissance, laissant entrevoir une résolution
pompeuse et pompière (3'27"). Le jeu se calme en moins d'une minute, pour laisser place
au thème central (4'27"), aussi subtil et serein que le précédent balayait
tout sur son passage. Porté par les cordes, il semble flotter. Le motif du thème se
répète et réveille à chaque passage plus de pupitres. A la
troisième reprise, alors que les cordes et les bois entonnnent le thème, les
percussions et les cordes basses martèlent un ostinato. Maîtrise orchestrale
extraordinaire. Le tout s'enfièvre et éclate (6'06") pour reprendre le
thème "pompier". Suivi peu après du thème "nerveux"
(6"35"), qui enchaîne sur le thème "serein" (7'03"). Repris
sans modifications, les percussions ré-apparaissent discrètement à la
troisième exposition du motif. La quatrième exposition met en avant un contre-chant
à la tierce supérieure avant une nouvelle explosition plus contrôlée
(8'43") que la première fois… pour mieux ménager le final (8'58"),
d'un tempo plus élevé, qui conclut sur un grandiose accord de mi majeur.
Les passages connus : en dépit de son utilisation dans Orange Mécanique, ce n'est
pas l'œuvre la plus exposée, ni dans les compilations, ni dans la pub. Aussi peut-on
dire qu'on la connaît ou qu'on ne la connaît pas. Le passage le plus familier sera quand
même le thème central (à 4'27").
Crédits
| Compositeur | Gioachino Rossini |
|---|---|
| Ajouté le | 12 décembre 2004 |
Merci à Paul-Lionel