Schubert / Benita Valente, Harold Wright, Rudolf Serkin

Der Hirt auf dem Felsen (Le pâtre sur le rocher)

Cette chanson, pardon, ce lied, pourrait être rangé dans la catégorie des chants d'espoir, en raison de sa dernière partie. Mais comment ignorer ce qui précède ? Cet espoir n'est-il pas celui d'un abandon déchirant, d'une fuite en avant ?
L'instrumentation est assez inhabituelle : Schubert a composé au cours de sa courte vie des milliards de lieder (j'exagère à peine), mais toujours pour le même duo, une voix, un piano. Ici il y a deux voix. Une chanteuse. Et une clarinette, instrument à la tessiture humaine, quoique plus étendue que ce dont est capable la plupart des mortels. Le tout sur le lit moelleux d'un piano aux harmonies orgasmiques. Enregistrée au festival de Marlboro en 1960, écoutez cette version historique et inégalée dans l'émotion.

Juché sur le plus haut rocher,
Les yeux plongés dans la vallée,
Je chante,

Et l'écho monte
Des profondeurs,
S'élève des sombres ravines.

Plus ma voix porte
Plus elle me revient, claire,
D'en-bas.

Ma bien-aimée demeure si loin!
Avec toute mon ardeur
Je l'appelle d'ici.

Mais un noir chagrin me consume,
Ma joie s'en est allée,
Tout espoir m'a quitté en ce monde
A tel point je suis seul.

Ce chant résonnait avec tant de nostalgie
Dans la forêt nocturne,
Qu'il élevait les coeurs vers le ciel,
D'un pouvoir merveilleux.

Bientôt ce sera le printemps.
Le printemps, mon espoir.
Il me faut maintenant
M'apprêter à partir.
Wenn auf dem höchsten Fels ich steh',
In's tiefe Tal hernieder seh',
Und singe.

Fern aus dem tiefen dunkeln Tal
Schwingt sich empor der Widerhall
Der Klüfte.

Je weiter meine Stimme dringt,
Je heller sie mir wieder klingt
Von unten.

Mein Liebchen wohnt so weit von mir,
Drum sehn' ich mich so heiß nach ihr
Hinüber.

In tiefem Gram verzehr ich mich,
Mir ist die Freude hin,
Auf Erden mir die Hoffnung wich,
Ich hier so einsam bin.

So sehnend klang im Wald das Lied,
So sehnend klang es durch die Nacht,
Die Herzen es zum Himmel zieht
Mit wunderbarer Macht.

Der Frühling will kommen,
Der Frühling, meine Freud',
Nun mach' ich mich fertig
Zum Wandern bereit.

Crédits

Chant Benita Valente
Clarinette Harold Wright
Musique Franz Schubert
Paroles Wilhelm Müller
Paroles Wilhelmina von Chézy
Piano Rudolf Serkin
Ajouté le 14 décembre 2004

Merci à Paul-Lionel

Je sens comme un vide…

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Références

Pochette de l'album

Quintette en Ut majeur - Marlboro Festival 40th Anniversary

Sony Classical


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