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La liste de ceux qui ont laissé leur cœur ailleurs
Je sens comme un vide…
Des êtres, parfois des lieux, s'éloignent, s'oublient, alors même qu'ils ont un jour tant compté. Dilution des sentiments, séparation brutale et forcée, qu'importe la raison… ils ne sont jamais tout à fait remplacés ; à leur place, il y a un vide impossible à combler. Mais à défaut de le combler, on peut toujours l'exprimer par le chant…
Babx - Lettera
Cette chanson est un écho "moderne" au "Dis, quand reviendras-tu ?" de Barbara. Et s'il on ne sait à quelle statue comparer le jeune (25 ans lors de la sortie de l'album en 2006) Babx, entre la longue dame brune pour l'univers, Brel pour les élans, ou Ferré pour l'élocution, on peut toujours s'attarder sur la façon moderne et pourtant libre dont ce chanteur s'empare de thèmes qui ont hanté ses illustres prédécesseurs.
Ca fait un bout de temps que tu t'planques,
J'ai pas vu à l'horizon
Se pointer ton minois mignon.
Mon amour, tu me manques,
J'ai même oublié ton nom,
Ton souvenir est une calanque,
Tout mon corps, un chiffon.
Et quand l'amour ça manque,
Ca sert à rien de danser
Sous la pluie à moi qui m'flanque
Au coeur de sacrés coups de fouet.
Je t'attends Nike aux pieds
Commence à perdre la tête
Et rien que pour un baiser
Je t'attendrai en chaussettes.
Mon amour, tu me manques,
C'que sans toi c'est laid, Paris.
Avec le journal d'Anne Frank,
J'irai peut-être à Saint-Denis
Pour être ta Lara Croft,
Toi, mon beau, mon fort, mon Shaft,
J'enfermerai dans un loft
Mon coeur en papier craft.
Je ferai ma vie en sitcom
Comme un peu sur la Croisette,
Arobase bonheur point com,
Même si le carton-pâte, ça pète.
Pour qu'enfin tu me remarques,
Moi, la fille un peu bidon,
A vos marques, je débarque
Dans l'asile de Cupidon.
Mon amour, tu me manques,
Ici, on est enfermés,
On doit danser le french canc'
Que pour pas être éliminés.
Mon amour, tu me manques,
Et j'ai comme l'envie de chialer.
Regarde-moi en saltimbanque,
En putain de la télé.
Ici pas une planque
Pour s'asseoir ou pour pleurer
Un travelling, deux zappings,
J'sr'ai pas belle à regarder.
Et puis toi, mon amour,
Tu viendras pas me chercher,
Avec ce rimmel tout autour
Qu'en finit plus d'dégueuler.
Mon amour, tu me manques,
Ca y est, le public a voté.
Une croix au style à encre
Juste au coin de la télé.
Mon amour, tu me manques,
Et sur l'carton, y a marqué
Mademoiselle, vous êtes vivante,
Bravo ! mais vous êtes virée.
Alors moi, pour toujours,
Pt'être que j'vais en terminer,
Me faire un noeud de secours,
Vu que les f'nêtres sont condamnées.
Puis toi, mon amour,
T'as bien d'autres chats à fouetter
Que de m'jouer les feux de l'amour
Moi qui suis bonne qu'à zapper.
| Chant | Babx |
|---|---|
| Ajouté le | 21 février 2010 |
Eric Clapton - Tears In Heaven
Cette chanson est magnifique, mais elle devient carrément poignante lorsqu'on en connaît l'origine : en 1991, Eric Clapton subit la mort de son fils, Conor, alors âgé de quatre ans. C'est cette perte qui inspirera au chanteur ces paroles. Voici la version de la chanson captée un an plus tard, sur une chaîne qui avait pourtant bien démarré, lors de la série d'émissions "MTV Unplugged" ("Débranché", c'est-à-dire uniquement avec des instruments acoustiques).
Si je te croisais au paradis ?
Serait-ce la même chose
Si je te croisais au paradis ?
Il me faut être fort, et continuer
Car je sais que je ne suis pas
D'ici, le paradis.
Me tiendrais-tu la main
Si je te croisais au paradis ?
Me soutiendrais-tu
Si je te croisais au paradis ?
Je trouverai mon chemin
Au fil des jours
Car je sais que je ne peux rester
Ici au paradis.
Le temps peut vous démolir
Le temps peut vous mettre à genoux
Le temps peut vous briser le coeur
Peut vous faire supplier
Vous faire supplier.
Derrière la porte
Il y la paix, j'en suis certain.
Et je sais qu'il n'y aura plus
De larme au paradis.
Saurais-tu mon nom
Si je te croisais au paradis ?
Serait-ce la même chose
Si je te croisais au paradis ?
Il me faut être fort, et continuer
Car je sais que je ne suis pas
D'ici, le paradis.
Car je sais que je ne suis pas
D'ici, le paradis.
If I saw you in heaven
Will it be the same
If I saw you in heaven
I must be strong, and carry on
Cause I know I don't belong
Here in heaven
Would you hold my hand
If I saw you in heaven
Would you help me stand
If I saw you in heaven
I'll find my way
Through night and day
Cause I know I just can't stay
Here in heaven
Time can bring you down
Time can bend your knee
Time can break your heart
Have you begging please
Begging please
Beyond the door
There's peace I'm sure.
And I know there'll be no more…
Tears in heaven
Would you know my name
If I saw you in heaven
Will it be the same
If I saw you in heaven
I must be strong, and carry on
Cause I know I don't belong
Here in heaven
Cause I know I don't belong
Here in heaven
| Chant, guitare | Eric Clapton |
|---|---|
| Ajouté le | 24 septembre 2007 |
Julie London - Dark
Cette chanson rend admirablement la brume qui tient lieu d'horizon après le départ d'un être cher. Tout suggère la complainte, d'autant plus poignante que la musique chante la résignation, là où les mots ne veulent pas abandonner l'espoir.
Moonless night and such a frightful dark
Everything is strange and weird
Cheerful[ness] since have disappeared (?)
Since you've gone
Passers by all wonder why it's dark
Not a sound is heard around the dark
Will it always be this way?
Will I see a brighter day?
Please come back and chase away the dark…
| Chant | Julie London |
|---|---|
| Compositeur | Edwin Greines |
| Ajouté le | 28 août 2006 |
Félix Leclerc - La complainte du phoque en Alaska
J'aime beaucoup les sentiments qui ne disent pas leur nom, ceux qu'on laisse pudiquement transparaître, au travers d'une petite parabole animalière par exemple, teintée d'une ironie dont on sait fort bien qu'elle ne trompera personne.
| Chant | Félix Leclerc |
|---|---|
| Paroles, musique | Michel Rivard |
| Ajouté le | 12 mars 2006 |
Vincent Delerm - Châtenay-Malabry
C'est étrange comme on peut parfois entrer en sympathie avec une chanson, là où
il est pourtant question de personnes qui nous sont totalement étrangères. Cette
lettre d'une mère qui voit la vie s'éloigner en même temps que ses enfants
m'émeut à chaque fois.
Musicalement, la chanson est grandiose : les couplets s'enchaînent dans une ambiance de
nouvel an morose ; puis au bout de quatre minutes, un magnifique refrain, lyrique et
douloureux, sublimé par un quatuor à cordes, vient tirer des larmes qui ne demandaient
qu'à sortir !
| Interprète | Vincent Delerm |
|---|---|
| Ajouté le | 1er mai 2005 |
Françoise Hardy - Message personnel (Michel Berger)
Je sens comme un vide, c'est ce que l'on pourrait déjà dire en référence à la disparition de Michel Berger. Mais des superbes chansons qu'il a laissées, en voici sans doute la plus émouvante. Ce témoignage d'un amour offert, désintéressé, indulgent a quelque chose de désespéré, mais c'est sa promesse qui en fait la beauté. Plusieurs interprètes en ont donné de belles versions ; puisqu'il n'en faut choisir qu'une, voici celle de Françoise Hardy, dont on découvre que les qualités vocales ne sont pas si hypothétiques. Les versions de Michel Berger (nue et simple, voix magnifique(lien)), ou plus récemment de Isabelle Huppert dans le film Huit Femmes (sublime accompagnement par un quatuor à cordes(lien)) sont dignes d'autant d'intérêt. La version de France Gall est plus quelconque car moins émouvante…
| Compositeur | Michel Berger |
|---|---|
| Interprète | Françoise Hardy |
| Ajouté le | 11 avril 2005 |
Benita Valente, Harold Wright, Rudolf Serkin - Der Hirt auf dem Felsen (Le pâtre sur le rocher) (Schubert)
Cette chanson, pardon, ce lied, pourrait être rangé dans la catégorie des chants
d'espoir, en raison de sa dernière partie. Mais comment ignorer ce qui
précède ? Cet espoir n'est-il pas celui d'un abandon déchirant, d'une
fuite en avant ?
L'instrumentation est assez inhabituelle : Schubert a composé au cours de sa courte vie
des milliards de lieder (j'exagère à peine), mais toujours pour le même duo, une
voix, un piano. Ici il y a deux voix. Une chanteuse. Et une clarinette, instrument à la
tessiture humaine, quoique plus étendue que ce dont est capable la plupart des mortels. Le
tout sur le lit moelleux d'un piano aux harmonies orgasmiques. Enregistrée au festival de
Marlboro en 1960, écoutez cette version historique et inégalée dans
l'émotion.
Les yeux plongés dans la vallée,
Je chante,
Et l'écho monte
Des profondeurs,
S'élève des sombres ravines.
Plus ma voix porte
Plus elle me revient, claire,
D'en-bas.
Ma bien-aimée demeure si loin!
Avec toute mon ardeur
Je l'appelle d'ici.
Mais un noir chagrin me consume,
Ma joie s'en est allée,
Tout espoir m'a quitté en ce monde
A tel point je suis seul.
Ce chant résonnait avec tant de nostalgie
Dans la forêt nocturne,
Qu'il élevait les coeurs vers le ciel,
D'un pouvoir merveilleux.
Bientôt ce sera le printemps.
Le printemps, mon espoir.
Il me faut maintenant
M'apprêter à partir.
In's tiefe Tal hernieder seh',
Und singe.
Fern aus dem tiefen dunkeln Tal
Schwingt sich empor der Widerhall
Der Klüfte.
Je weiter meine Stimme dringt,
Je heller sie mir wieder klingt
Von unten.
Mein Liebchen wohnt so weit von mir,
Drum sehn' ich mich so heiß nach ihr
Hinüber.
In tiefem Gram verzehr ich mich,
Mir ist die Freude hin,
Auf Erden mir die Hoffnung wich,
Ich hier so einsam bin.
So sehnend klang im Wald das Lied,
So sehnend klang es durch die Nacht,
Die Herzen es zum Himmel zieht
Mit wunderbarer Macht.
Der Frühling will kommen,
Der Frühling, meine Freud',
Nun mach' ich mich fertig
Zum Wandern bereit.
| Chant | Benita Valente |
|---|---|
| Clarinette | Harold Wright |
| Musique | Franz Schubert |
| Paroles | Wilhelm Müller |
| Paroles | Wilhelmina von Chézy |
| Piano | Rudolf Serkin |
| Ajouté le | 14 décembre 2004 |
Bénabar - Dis, quand reviendras-tu ? (Barbara)
Cette chanson est bouleversante. Merveille de lumière voilée, ce chant est celui de
l'espoir et du désespoir, de l'incandescence et de la pudeur, de la supplication et de la
fierté, de l'errance et de la lucidité. Et dire que j'ai vécu tant
d'années sans le connaître…
Plutôt que de présenter la version de Barbara, qui l'interprète d'une
façon un peu pressée, comme un timide avouerait précipitamment les sentiments
qui l'animent, j'ai choisi pour cette rubrique une reprise par Bénabar, plus juste à
mon humble avis. L'entrée en matière est typique du chanteur :) Très joli
arrangement (et interprétation) au piano.
Je joins à la chanson le texte : on dit les alexandrins inchantables, mais là ils
sont d'une putain de beauté.
Voilà combien de temps que tu es reparti ?
Tu m'as dit cette fois c'est le dernier voyage
Pour nos cœurs déchirés c'est le dernier naufrage
Au printemps, tu verras je serai de retour
Le printemps c'est joli pour se parler d'amour
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris
Et déambulerons dans les rues de Paris
Dis, quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus ?
Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà
Craquent les feuilles mortes brûlent les feux de bois
Avoir Paris si beau dans cette fin d'automne
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne
Je tangue et je chavire et comme la rengaine
Je vais, je viens, je vire, je tourne et je me traîne
Ton image me hante, je te parle tout bas
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi
Dis, mais quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus ?
J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs
Je reprendrai la route : le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin
Je n'ai pas la vertu des femmes de marin
Dis, mais quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus ?
| Compositeur | Barbara |
|---|---|
| Interprète | Bénabar |
| Piano | Olivier Daviaud |
| Ajouté le | 18 novembre 2004 |
Les Enfoirés 2002 - Ca va pas changer le monde
La chanson d'origine (par Joe Dassin) n'était pas particulièrement remarquable, mais reprise en live par quelques chanteurs pas forcément préparés, mais galvanisés par le public (et inversement), elle constitue un grand moment. Allez, avouez que vous aussi vous avez ressenti quelques frissons lorsque le public s'est mis à entonner cette ritournelle… Merci donc à Francis Cabrel, Maxime Leforestier, Alizée, et au public des Enfoirés.
Et pourtant tu es encore ici
Puisque tout me parle de toi
Un parfum de femme
L'écho de ta voix
Ton adieu je n'y crois pas du tout
C'est un au revoir, presque un rendez-vous.
Ca va pas changer le monde
Il a trop tourné sans nous
Il pleuvra toujours sur Londres
Ca va rien changer du tout
Qu'est-ce que ça peut bien lui faire
Une porte qui s'est refermée ?
On s'est aimé, n'en parlons plus,
Et la vie continue.
Ca va pas changer le monde
Que tu changes de maison
Il va continuer le monde
Et il aura bien raison
Les poussières d'une étoile
C'est ça qui fait briller la voix lactée
On s'est aimé, n'en parlons plus
Et la vie continue…
| Chant | Alizée |
|---|---|
| Chant | Francis Cabrel |
| Chant | Maxime Leforestier |
| Orchestre | Les Enfoirés |
| Ajouté le | 25 octobre 2004 |
Michel Polnareff - Lettre à France
Le cri d'un homme loin des siens, loin de celle…
Ce que la pop peut faire de mieux. Ecoutez la ductilité du piano qui introduit le morceau,
écoutez cette ligne de basse, discrète mais à elle seule émouvante. On
peut tiquer sur le clinquant brouhahesque de l'entrée en matière, repris vers la fin
du morceau, accompagnée d'une voix de tête, certes caractérique du chanteur,
mais qui frise les limites de ce qui lui est permis… Mais cela n'en reste pas moins une
sublime chanson.
| Compositeur | Michel Polnareff |
|---|---|
| Ajouté le | 1er janvier 2003 |