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La liste de ceux qui aiment
Tu me fais tourner la tête
L'amour de votre vie, vous l'avez en face de vous et vous ne savez plus comment le lui dire à force de le répéter. Prenez exemple auprès de spécialistes...
4 décembre 2007
Kenneth Tarver - Dalla sua pace (Don Giovanni) (Mozart)
J'avais déjà publié un extrait de Don Giovanni sur ce site, détaillant en quoi la scène finale d'un opéra m'avait fait adopter le genre entier. Mais je n'avais jamais, si ce n'est peut-être une vague émotion ressentie à la vision du film de Joseph Losey, vibré à la sincérité de cette aria dépouillée. Il faut dire que Kenneth Tarver entre dans la catégorie, de moins en moins rare, il faut s'en réjouir, des ténors ayant du goût. Et puis, il y a cette harmonie Mozartienne, qui commence dans la plus désarmante simplicité, et qui éclot en une harmonie luxuriante qui module à chaque temps. La petite cadence finale, que le chanteur entonne là où s'attend à le voir conclure, est orgamisque.
Ce qui lui plait me donne vie,
Ce qui la blesse me touche au coeur
Si elle soupire, je soupire avec elle
Sa colère et ses plaintes sont miennes,
Et je ne peux connaître de joie qu'elle ne partage.
Quel che a lei piace vita mi rende
Quel che le incresce morte mi dà.
S'ella sospira, sospiro anch'io
È mia quell'ira, quel pianto è mio
E non ho bene, s'ella non l'ha.
| Compositeur | Wolfgang Amadeus Mozart |
|---|---|
| Direction | René Jacobs |
| Don Ottavio (ténor) | Kenneth Tarver |
| Orchestre | Freiburger Barockorchester |
Sylvia McNair - Come Rain Or Come Shine
Voici la déclaration d'amour la plus ambiguë de cette rubrique. L'amour y est tellement absolu qu'il en devient inquiétant : "you're gonna love me", dit-il. La voix d'ange qui professe cette douce menace se fait accompagner d'un piano langoureux mais très mauvais garçon. Incarnés ici par la soprano classique Sylvia McNair, dont je publierai bientôt un enregistrement dans un tout autre genre, et le vieux routier André Prévin, voici ici la représentation exacte de l'amour, en somme : un piège que l'on voit se refermer sur soi avec délice.
| Chant | Sylvia McNair |
|---|---|
| Musique | Harold Arlen |
| Paroles | Johnny Mercer |
| Piano | André Prévin |
| Et aussi | David Finck (Contrebasse) |
| Ajouté le | 3 novembre 2006 |
Maurice Chevalier - Les Amants du dimanche
Dès que j'entends Maurice Chevalier, je souris. A moitié de, et à moitié
avec. Il est la caricature d'une époque révolue, où l'on roucoulait tous les
"r", un sourire charmeur et entendu vissé sur les lèvres, tout en levant les
sourcils toutes les quatre syllabes, pour chanter d'insignifiantes mais aimables chansons. Dans le
film Gigi, on l'entend entonner avec un accent français terrible cette phrase, qui
aujourd'hui paraîtrait très équivoque : "Thank Heaven for little
girls". Ici, c'est bien en français qu'il chante, pour le film Le silence est
d'or (ça ne s'invente pas !), armé de tous ses tics de chant, les voyelles
nasalisées couvertes plus qu'il n'est permis, des "euh" parisiens à faire
rougir Arletty, et un petit trémolo deci delà. Mais c'est bien pour ça qu'on
l'aime.
(Je me suis permis de ré-égaliser l'enregistrement extrait du CD, car le son
d'origine souffre de déséquilibres très pénibles à
l'écoute).
| Chant | Maurice Chevalier |
|---|---|
| Direction | Jacques Hélian |
| Musique | G. Van Parys |
| Paroles | René Clair |
| Ajouté le | 22 octobre 2006 |
Patrick Doyle - I Can Give You The Starlight (Ivor Novello)
C'est peut-être l'heure à laquelle j'écris ces lignes, mais quand j'entends de
discrets élans vocaux s'épanouir sur la ligne flottante du piano, je suis dans tous
mes états. Qui ne succomberait pas au charme suranné de cette
déclaration ?
[Cette chanson est extraite du film Gosford Park, tentative
plutôt réussie de Robert Altman de sonder la société anglaise au
début du siècle dernier. A condition de s'y retrouver dans les innombrables
personnages, bien sûr… Vous y apprendez que si vous appréciez cette chanson, vous
faites forcément partie du petit personnel de la maison !]
| Chant | Jeremy Northam |
|---|---|
| Musique | Ivor Novello |
| Paroles | Christopher Hassall |
| Ajouté le | 6 août 2006 |
Les Enfoirés - J'ai un problème
Je trouve à cette chanson un certain humour distancié. Peut-être parce qu'elle fut écrite sur mesure pour Johnny Halliday et sa femme d'alors, Sylvie Vartan. Mettre en scène une déclaration d'amour pour un couple déjà médiatique, ce n'est pas très sérieux. Alors, quand on l'entend chantée par quatre hommes (hommage à Goldman qui garde la première personne au féminin), la distanciation ne fait plus aucun doute. Malgré le charme très primitif de cette chanson.
Dis-moi pourquoi tu es mon seul souci
On récolte la vie que l'on sème
Mais quand vient l'amour on est un peu surpris
A cause de toi je ne suis plus la même
Par ta faute j'ai changé aussi
Je ne sais pas où ça nous entraîne
C'est la chance ou bien c'est de la folie.
Si tu n'es pas vraiment l'amour tu lui ressembles
Quand je m'éloigne, toi tu te rapproches un peu
Si ce n'est pas vraiment l'amour de vivre ensemble
Ca lui ressemble tant que c'est peut-être mieux.
J'ai un problème, je sens bien que je t'aime
J'ai un problème, c'est que je t'aime aussi
Ces mots restent toujours les mêmes
C'est nous qui changeons le jour où on les dit
J'ai un problème, j'ai bien peur que je t'aime
J'ai un problème, j'en ai bien peur aussi
En perdant, on y gagne quand même
Et puis après tout, on n'a pas choisi !
Si tu n'es pas vraiment l'amour tu lui ressembles
Quand je m'éloigne, toi tu te rapproches un peu
Si ce n'est pas vraiment l'amour de vivre ensemble
Ca lui ressemble tant que c'est peut-être mieux…
| Chant | Alain Souchon |
|---|---|
| Chant | Francis Cabrel |
| Chant | Jean-Jacques Goldman |
| Chant | Michael Jones |
| Groupe | Les Enfoirés |
| Ajouté le | 7 mai 2006 |
Fritz Kreisler - Liebesfreud
Promis il y a déjà longtemps ici (lien), voici enfin le babillement amoureux d'une contrebasse, qui interprète ce grand classique de Fritz Kreisler, d'ordinaire destiné à un instrument plus léger et plus naturellement "charmeur" (voire baratineur). La pièce est souvent donnée en bis au concert, par des violonistes soucieux de ne pas laisser partir le public sans leur avoir arraché un sourire…
| Compositeur | Fritz Kreisler |
|---|---|
| Contrebasse | Bozo Paradzik |
| Piano | Ulrich Rademacher |
| Ajouté le | 17 juin 2005 |
Muse - Can't Take My Eyes Off Of You
Deux aspects distincts dans cette chanson, tous deux très "muse-iens" : le couplet et le refrain. Le couplet, "andante" comme on dirait en musique classique, a ce petit je-ne-sais-quoi d'inquiet, d'insatisfait, qui me plait tant chez ce groupe. Le refrain est tout en saturation, dont je ne raffole pas en général. Mais en tant que refrain, il n'est que pétage de plomb passager, qui se résout toujours sur le couplet suivant. Quand on sait combien j'aime les reprises, inutile de préciser que j'adore le tout.
| Interprète | Muse |
|---|---|
| Ajouté le | 6 février 2005 |
Barry White - You're The First, The Last, My Everything
Cela commence par le désir : pendant une minute, on le sent monter, soutenu par un petit groupe serré à la batterie, titillé par de multiples motifs de divers instruments, exhaussé par des cordes de plus en plus présentes. Mais tout est d'abord dans la voix gravissime, toute de sensualité et de puissance contenue, de Barry White. Vient ensuite l'explosion des sens, où la déclaration se fait : You're the first, you're the last, my everything ! Tout se passe à un rythme soutenu, parfaitement enchaîné, avec des climax à intervalles réguliers. Sûr, Barry White doit être un bon coup.
| Interprète | Barry White |
|---|---|
| Ajouté le | 16 janvier 2005 |
Elise Caron, Mathieu Demy - Un dimanche au lit
Délicieux instant que celui où le reste du monde fait silence, pour un petit déjeuner au lit et à deux… Cette chanson est extraite du film "Jeanne et le garçon formidable", dont les protagonistes principaux, incarnés ici par Virgine Ledoyen et Mathieu Demy, vont connaître une histoire d'amour aussi soudaine que fugace. La comédienne, qu'on a pourtant entendu chanter dans "Huit femmes", est ici doublée par une chanteuse. Si le film a un côté maladroit, il faut en revanche recommander sans réserve la bande originale, riche de belles mélodies, d'atmosphères variées, et d'arrangements subtils.
| Compositeur | Jacques Martineau |
|---|---|
| Compositeur | Philippe Miller |
| Interprète | Elise Caron |
| Interprète | Mathieu Demy |
| Ajouté le | 1er janvier 2003 |
Daniel O'Donnell - Love me tender
D'une célébrissime chanson sussurée à l'origine par Elvis, voici une version sans doute artistiquement moins méritoire, mais qui a l'heur de me plaire. Parce que j'aime beaucoup la voix de Daniel O'Donnell. Et parce que j'aime bien les petits violons qui l'accompagnent.
Love me sweet,
Never let me go.
You have made my life complete,
And I love you so.
Love me tender,
Love me true,
All my dreams fulfilled.
For my darling I love you,
And I always will.
Love me tender,
Love me long,
Take me to your heart.
For it's there that I belong,
And we'll never part.
Love me tender,
Love me true,
All my dreams fulfilled.
For my darling I love you,
And I always will.
Love me tender,
Love me dear,
Tell me you are mine.
I'll be yours through all the years,
Till the end of time.
Love me tender,
Love me true,
All my dreams fulfilled.
For my darling I love you,
And I always will.
| Compositeur | Vera Matson |
|---|---|
| Compositeur | Elvis Presley |
| Interprète | Daniel O'Donnell |
| Ajouté le | 1er janvier 2003 |