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- I'm Through With Love
- Fantaisie en fa mineur op.103, D 940
- Concerto pour piano no.23 K.488, 2ème mouvement (Adagio)
- Il n'y a pas d'amour heureux
- Farnace - Gelido in ogni vena
- La Symphonie Fantastique - Scène aux champs
- Saturne
- Commentaires
La liste de ceux qui s'apprêtent à commettre l'irréparable
La vie est un abîme sans fond
Il a neigé sur l'angoisse de nos amours mortes du temps qui passe à l'ombre de mes incertitudes quand s'envolent les archanges maudits (citation prêtée par Guy Carlier à Jean-Louis Murat). Si ça vous parle, alors cette liste est faite pour vous. Cessez de culpabiliser, et laissez vous aller à l'apitoiement, à la dépression, au blues, au spleen, à la déchéance.
Nat King Cole - I'm Through With Love
L'une des rares chansons en anglais que je peux chanter de mémoire. C'est dire si je l'aime.
Je l'avais découverte dans le film comédie musicale de Woody Allen, "Tout le
monde dit I Love You" ; elle y était entonnée à deux reprises, par le
réalisateur lui-même d'une part, et par celle qui joue son ex-femme, Goldie Hawn.
La voici dans une de ses versions les plus réussies, interprétée par un Nat
King Cole première période, lorsqu'il se produisait en trio, avant de prendre son
envol pour une carrière beaucoup plus "crooner", avec arrangements orchestraux
sirupeux à la clé. J'adore particulièrement la façon dont il entonne le
"with deep emotion, devotion to you".
On utilisera cette chanson pour ses vertus empathiques, sinon curatives, en toute occasion de
légère dépression liée à la récente désaffection de
la part de l'être aimé, ou même seulement désiré, et ce quelque
soit la forme prise par cette désaffection (rupture violente, larguage par SMS,
désintérêt progressif en faveur d'un tiers…).
Je ne retomberai plus.
Adieu l'amour
N'appelle plus jamais.
Car c'était toi ou personne,
Alors j'arrête avec l'amour.
J'ai verrouillé mon cœur
J'y garderai mes sentiments.
J'ai refroidi mon cœur
Avec de l'air glacé.
Et je n'aimerai plus,
car pour moi fini l'amour.
Pourquoi m'avoir fait croire
Que tu te souciais de moi ?
Tu n'avais pas besoin de moi,
Avec ton aréopage
D'esclaves prêts à
Te vénérer et prier
Avec dévotion pour toi.
Adieu le printemps et tout ce qu'il signifiait pour moi,
Il ne pourra jamais revenir tel qu'il était.
Car c'était toi ou personne,
J'en ai donc fini avec l'amour.
I'll never fall again.
Said adieu to love
Don't ever call again.
For I must have you or no one
And so I'm through with love.
I've locked my heart
I'll keep my feelings there.
I have stocked my heart
with icy, frigid air.
And I mean to care for no one
Because I'm through with love.
Why did you lead me
to think you could care?
You didn't need me
for you had your share
of slaves around you
to hound you and swear
with deep emotion and devotion to you.
Goodbye to spring and all it meant to me
It can never bring the thing that used to be.
For I must have you or no one
And so I'm through with love.
| Ajouté le | 4 septembre 2008 |
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Schubert - Fantaisie en fa mineur op.103, D 940
Démarrant sur un thème mélancolique, cette fantaisie ère sur des terres
tourmentées, où la résignation s'énonce dans la douceur tandis que les
cris expriment plus la perdition que le combat. Deux passages en majeur forment une éclaircie
dans cet univers brumeux. Le premier prend la forme d'une mélodie d'une douceur exquise,
lumineuse, quasiment exaltée. Le second, beaucoup plus long, se veut beaucoup plus
structuré, en forme de duo, mais finit par s'échauffer avant de retomber sur le
premier thème, qui en devient volontiers dépressif. Le tout finit dans une fugue
mortelle, puissante et sans artifice.
Je connais cinq versions de cette fantaisie : si j'ai choisi la version d'Alexandre Tharaud et
Zhu Xiao-Mei, c'est parce que du début à la fin on se sent porté par cette
musique dense. Trop d'interprètes choisissent d'interpréter Schubert en
privilégiant clarté et diction, au risque d'une certaine sécheresse qui nuit
à l'immersion dans l'œuvre. Ici, avec une sincérité, une poésie,
un sens du mouvement, et une sublimissime énonciation de la main droite, qui reste
parfaitement lisible malgré sa fluidité et sa douceur, on atteint un moment rare, qui
évite les crispations trop fréquentes sur les accords plaqués dont Schubert est
friand, sans jamais renoncer à la fièvre des fortissimi. De loin ma version
préférée.
| Compositeur | Franz Schubert |
|---|---|
| Piano | Alexandre Tharaud |
| Piano | Zhu Xiao-Mei |
| Ajouté le | 10 octobre 2005 |
Wolfgang Amadeus Mozart - Concerto pour piano no.23 K.488, 2ème mouvement (Adagio)
De tous les mouvements lents des concertos pour piano de Mozart, c'est celui que je détestais
le plus. Jusqu'au jour où j'ai réalisé que ce que je n'aimais pas,
c'était la douleureuse sensation qu'il éveillait en moi.
Cette version présente une légère particularité : les cordes
restent, pour un orchestre moderne, modérées sur le vibrato, et n'en font un usage
intensif qu'à l'utime reprise du thème. On croirait véritablement entendre
l'orchestre pleurer. C'est exemplaire, dans le sens où l'on trouve une occasion
justifiée de recourir à cette technique de jeu ; si son usage systématique
est vulgaire, vouloir l'éviter à tout prix n'est qu'une contre-réaction
guère plus intelligente.
Des pleurs, c'est certainement ce qu'en a entendu Luigi Comencini, réalisateur de
"L'incompris", histoire bouleversante d'un garçon qui, ne parvenant pas à
exprimer la douleur que lui cause le décès de sa mère, est injustement
méprisé par son père. Cet adagio berce le film sur toute sa longueur.
| Compositeur | Wolfgang Amadeus Mozart |
|---|---|
| Direction | David Zinman |
| Orchestre | Staatskappelle de Dresde |
| Piano | Christian Zacharias |
| Ajouté le | 29 juin 2005 |
Danielle Darrieux - Il n'y a pas d'amour heureux (Louis Aragon, Georges Brassens)
Georges Brassens, par une subtile omission, a trahi ce merveilleux poème d'Aragon. Dans la
chanson, le dernier vers du poète disparaît : "Mais c'est notre amour
à tous deux". En ce sens, la chanson qui figure ici est œuvre de Brassens, puisque
dotée du vers manquant elle devrait plutôt figurer dans le thème "L'espoir
fait vivre", ou une rubrique (à créer) spécial sado-masochisme. La voix
patinée par le temps de Danielle Darrieux rend plus palpable encore ce constat, puisque c'est
celui d'un personnage qui a vécu.
Cette chanson termine d'une façon fort émouvante "Huit Femmes", excellent
film de François Ozon.
| Interprète | Danielle Darrieux |
|---|---|
| Musique | Georges Brassens |
| Paroles | Louis Aragon |
| Ajouté le | 13 novembre 2004 |
Vivaldi - Farnace - Gelido in ogni vena
Impossible de ne pas ressentir un frisson à l'écoute de ce passage. L'introduction
rappelle assez fortement le premier mouvement du concerto pour violon "L'hiver", et
évoque donc cette saison. Le chanteur apparaît ensuite ; chaque incursion vers la
note aiguë, à la limite du cri, est suivie d'une lente descente, évoquant
admirablement la douleur. Suit une longue marche harmonique descendante, chantée de
façon hallucinante par un homme que l'on croit réellement entendre pleurer. Le second
thème, au centre, marque une légère pause dans cette longue descente (aux
enfers ?), mais ne dure pas et cède vite la place au premier. Avec une
sobriété exemplaire, Jordi Savall (à la direction) et Furio Zanasi (baryton)
expriment comme je ne l'ai jamais entendu le désespoir d'un homme sur le point de se donner
la mort (puisque c'est l'histoire de Farnace, qui, s'étant fait déposséder de
son royaume et ayant demandé à sa femme de se tuer(lien), elle ainsi que son fils, ne
voit plus que cette issue pour lui-même !).
Ce passage est extrait de l'opéra Farnace, de Vivaldi, qui comporte d'autres passages tout
aussi forts. Il a été enregistré en public, à Madrid, en 2001.
un sang gelé,
l'ombre d'un fils exsangue
me remplit de terreur.
Et pour ma plus grande peine,
je crois avoir été cruel
avec une âme innocente,
le cœur de mon cœur.
scorrer mi sento il sangue,
l'ombra del figlio esangue
m'ingombra di terror.
E per maggior pia pena,
credo che fui crudele
a un'anima innocente,
al core del mio cor.
| Compositeur | Antonio Vivaldi |
|---|---|
| Direction | Jordi Savall |
| Orchestre | Le Concert des Nations |
| Ténor | Furio Zanasi |
| Ajouté le | 7 novembre 2004 |
John Elliot Gardiner - La Symphonie Fantastique - Scène aux champs (Berlioz)
Poignante scène que cette scène aux champs. Toute début par le dialogue de deux
cors, deux bergers lointains qui bercent leur solitude d'une tentative de dialogue par instrument
interposé. La nature les entoure, majestueuse, calme et silencieuse. L'idée fixe,
celle de la bien-aimée (qui revient tout au long de la symphonie), se fait jour, et tourmente
l'un des bergers. Mais les éléments se déchainent, la nature sait aussi se
montrer coléreuse. Après l'orage, sombrent les espoirs. Le berger est seul, son
compagnon est parti, et ses appels déchirants restent sans réponse dans la nuit
montante.
Ce mouvement est l'axe central d'une œuvre maîtresse du mouvement romantique. La version
qu'en donne John Elliot Gardiner est la plus poignante. La nature et les sentiments ont rarement
été aussi bien représentés par la musique.
| Compositeur | Hector Berlioz |
|---|---|
| Direction | John Elliot Gardiner |
| Orchestre | Orchestre Révolutionnaire et Romantique |
| Ajouté le | 1er janvier 2003 |
Philippe Léotard - Saturne (Georges Brassens)
Le temps est impitoyable, il détruit et défait jusqu'à l'oubli. Philippe Léotard est déchirant dans ce beau texte de Brassens. Sans fausse comédie.
| Compositeur | Georges Brassens |
|---|---|
| Interprète | Philippe Léotard |
| Ajouté le | 1er janvier 2003 |
Merci de nous laisser en profiter.