Jérémie Kisling

Concert à la Cigale

Elle n'est pas très grande, la Cigale, et pourtant Jérémie Kisling a eu du mal à la remplir… Dommage pour ceux qui ne sont pas venus, car ils auraient rejoint l'avis des présents, petit mais fervent public de fans déjà acquis à la cause du chanteur suisse. Car non seulement il est capable de composer de bonnes chansons, mais il sait aussi leur donner une seconde vie sur scène. Entouré de quelques musiciens (guitare électrique, basse, trompette, batterie) et secondé d'un claviériste qui vaut son pesant de cacahouètes (j'y reviendrai), Jérémie (car désormais je l'appellerai ainsi) nous a gratifié de la totalité des chansons de ses albums (à l'exception regrettable de "Là où"). Plus quelques surprises, dont notamment un "Je me suis fait tout petit", la chanson de Brassens, en duo vocal avec Tom Poisson (à la fois voix et guitare, impeccable), un "Si j'étais un homme", de Diane Tell, au sérieux dynamité par un intermède "Love Boat" avec son acolyte Raphaël Noir, une étonnante version de "Le Ours et la hirondelle" a capella façon King Singers, et un poème (ma mémoire me fait défaut : d'Aragon ?) qu'il a mis (magnifiquement) en musique et qu'il réserve pour son prochain album. Le chanteur est décontracté, met autant d'humour dans ses interventions que dans ses chansons ("j'ai mis du gel dans mes cheveux… euh… dans mon cheveu"), esquisse des chorégraphies de groupe, feint le pétage de plomb entre guitaristes, entame des figures de hip-hop (dommage pour la guitare qui était sur sa trajectoire…). Depuis son premier album, à la tonalité plutôt dépressive ("J'ai trente ans / Quand les filles sont belles / à vous tordre le sang / je détourne les prunelles"), Jérémie semble avoir épanoui sa trentaine (ce dont on se doutait au vu d'un second album plus léger), il en profite donc pour alléger ses premières chansons, qui gagnent en peps ce qu'elle perdent en spleen. La première partie se fait en groupe (ils arrivent les uns après les autres), mais Jérémie masterise aussi le one-man-show, accompagné de sa seule guitare pour quelques chansons (Carambar…) et même, pour les bis, le clavier. Il parvient aussi bien à mettre l'ambiance qu'à susciter l'émotion (plus par la tendresse que par le pathos, ce dont on lui saura gré). Il dispose en plus d'un atout dans sa manche, un extra-terrestre habillé d'un costume rouge, raide et étriqué, qui bouge au carré, parle comme un notable interviewé à la télé, et se fend de longues tirades sur ce métier trop longtemps mésestimé d'éclairagiste. Et qui accesoirement, groove ou rape sur un clavier… Il semble tout droit sorti de la ligue d'improvisation, et prend le rôle de seconde vedette du show, en bon harmonie avec Jérémie. Souhaitons-leur bonne route… dans notre intérêt !
En extrait audio : "Carambar", chanson extraite du premier album, et qui a scotché toute la salle…

Crédits

Chant, guitare acoustique Jérémie Kisling
Claviers, chœurs Raphaël Noir
Ajouté le 19 mai 2006

Merci à Philippe

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Références

Pochette de l'album

Jérémie Kisling - Monsieur Obsolète

Naïve (5)


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