Carl Maria von Weber
Adagio e Rondo ungarese : II - Rondo
L'orchestre héberge des talents comiques à qui l'on donne trop rarement la parole. Certes, le violon a sa virtuosité, le violoncelle sa noblesse, la clarinette sa sensualité, la trompette sa brillance… Mais connaissez-vous le basson ? Il a le timbre et la prestance d'un éléphanteau en pleine mue, et quand il s'attaque à un rondo à la hongroise, on sourit devant cette attendrissante tentative du vilain petit canard de se hisser parmi les cygnes. Bon d'accord, je suis méchant : quelques compositeurs ont offert à cet instrument de très belles pages et ont exploité son timbre pour exprimer une très belle mélancolie. Mais rappelons aussi que Prokoviev a confié au basson le rôle du… canard, qui n'est pas le roi des oiseaux ! Et que dire du rôle confié ici par Carl Maria von Weber : le basson déboule dans ce rondo "à la hongroise", bonhomme et pimpant, en barissotant sa bonne humeur… A se demander si le compositeur n'était pas tenté par l'envie de se moquer un peu. Mais comme la pièce est bien construite, et joliment orchestrée, et que l'instrument soliste assume pleinement son rôle, on finit par sourire avec lui plutôt qu'à ses dépens. Weber s'est un peu fait éclipser par des contemporains encombrants tels que Beethoven, mais la joliesse de ses œuvres, à défaut d'un caractère révolutionnaire, est à découvrir.
Crédits
| Basson | Laurence Perkins |
|---|---|
| Compositeur | Carl Maria von Weber |
| Direction | Douglas Boyd |
| Orchestre | Manchester Camerata |
| Ajouté le | 20 juin 2005 |
