Mozart / Philippe Herreweghe
Requiem - Lacrimosa (Larghetto)
Franchement, marquer le retour des vacances par un requiem, c'est un peu glauque. Mais ce n'est pas
de ma faute si un vendeur de la Fnac a placé sous mon nez une très attrayante
réédition par Harmonia Mundi d'un enregistrement qui s'est avéré
contenir l'interprétation qui m'ait le plus bouleversé à ce jour d'une
œuvre qui m'avait pourtant déjà maintes fois ému.
Ecoutez ce Lacrimosa : le chœur (Collegium Vocale Gent, sublime) entonne d'un seul corps
cette mélodie qui, entre piété et fureur, exhorte, supplie, pleure. Mozart est
divin, ici plus qu'ailleurs. Ce lacrimosa est la dernière œuvre qu'il ait écrite
de sa main, fin novembre 1791 ; dans la nuit du 4 au 5 décembre il
s'éteignait.
Le reste du Requiem est à l'avenant. Chef d'œuvre est un bien faible mot. Bien
sûr, on sent quelque peu ce qui est de la main de Mozart, et ce qui est de la main de son
élève Süssmayr : si on ne descent pas du septième ciel jusqu'à
ce Lacrimosa, ce qui suit est moins intense. Mais dans le fond ce n'est peut-être pas plus
mal, cette fin moins dense permet de respirer un peu, avant de terminer par la communion (Lux
aeterna) qui reprend, avec d'autres paroles, le thème de l'Introitus (qui était, lui,
de la main de Mozart).
Quand à cette interprétation, dirigée par Philippe Herreweghe, elle est un peu
plus inégale. Si, comme je l'écrivais plus haut, ce Lacrimosa est le plus parfait de
ceux que j'aie entendus, et si je peux en dire autant du Rex Tremendae et du Confutatis qui le
précèdent, d'autres passages sont un petit plus mous ou flous, tels que le Dies Irae,
où l'orchestre semble à la poursuite d'un chœur plus motivé que lui.
Quant aux chanteurs solistes, ils ne sont malheureusement pas du tout à la hauteur (à
part le ténor Ian Bostridge) : timbre ingrat, vibrato insupportable pour une œuvre
religieuse ; le contraire même du chœur, divin (et magnifiquement servi par la
prise de son) !
Mais qu'importe la bouteille à moitié vide : ne serait-ce que pour trois pistes
de magie pure, la découverte de ce disque marquera définitivement mon année
musicale 2005.
(Exceptionnellement, l'encodage mp3 a été effectué avec un taux de compression
moins important que d'accoutumée, afin de restituer au mieux la prise de son).
Quand de la cendre
Surgira l'homme coupable, face au Juge !
Pardonne-lui donc, ô mon Dieu.
Et toi, Seigneur, doux Jésus,
Donne-leur le repos. Amen.
qua resurget ex favilla
judicandus homo res:
Huix ergo parce, Deus.
Pie Jesu Domine,
dona eis requiem. Amen.
Crédits
| Chœur | Collegium Vocale Gent |
|---|---|
| Compositeur | Wolfgang Amadeus Mozart |
| Direction | Philippe Herreweghe |
| Orchestre | La Chapelle Royale |
| Ajouté le | 1er septembre 2005 |
- Friedrich Gulda, Wiener Philharmoniker, Claudio Abbado - Concerto pour piano no.21, 1er mouvement (Wolfgang Amadeus Mozart)
- Lorenzo Da Ponte, Wolfgang Amadeus Mozart - Voi che sapete
- Quatuor Mosaïques - Quatuor K.465 "Les dissonances", premier mouvement (Mozart)
- Wolfgang Amadeus Mozart - Ave Verum Corpus, K.618
- Wolfgang Amadeus Mozart - Exsultate, Jubilate K.165 - Allegro
- Wolfgang Amadeus Mozart - Concerto pour piano no.23 K.488, 2ème mouvement (Adagio)
- Fazil Say, piano - Variations sur "Ah ! Vous dirai-je maman" K.265 (Wolfgang Amadeus Mozart)
- Mozart - Don Giovanni - Acte II, Scène 5 - Don Giovanni, a cenar teco m'invitasti…
- Mozart / Grieg - Sonate no.16 K. 545 en Do majeur - Avec arrangement au second piano
- Gardiner - Grande Messe en Ut mineur K.427 - Et Incarnatus Est (Mozart)
- Solti / Jacobs - Le Nozze di Figaro - Ouverture (Mozart)
- Mozart - Concerto pour deux pianos et orchestre en Mi bémol majeur, K.365 - Andante
- Bach - Matthäus Passion BWV244 - Aria avec choeur "So ist mein Jesus nun gefangen"
- Christian Zacharias - Concerto pour piano no.5 K.175 en Ré majeur (Mozart)
- Mozart - Cosi fan tutte - Soave sia il vento
- Kenneth Tarver - Dalla sua pace (Don Giovanni) (Mozart)
