Pink Martini

Hang On Little Tomato (Album Internet)

La sortie de l'album a déjà été évoquée un peu plus haut, à l'occasion de la sortie radiophonique de son titre single, "Una notte a Napoli", mais maintenant que l'objet physique s'apprête à déferler dans les bacs (et les gens à se ruer sur lui ?), il est temps d'en parler un peu plus en détail.
Car la magie de l'ère numérique que nous vivons autorise les impatients à écouter un album avant qu'il ne sorte. Ce dont je ne me suis pas privé, puisque cela fait maintenant deux semaines que je le soumets à mes oreilles. Alors ?
Il y a toujours une certaine appréhension lorsqu'arrive un album très attendu, surtout lorsque le premier était pour ainsi dire parfait. Au premier contact, le nouveau venu se laisse moins aborder que le précédent ; point de chanson qui aguiche l'oreille, à part peut-être (et cela confirme la pertinence du choix de la maison de disques) justement "Una notte a Napoli". La chanson reprend les rythmiques cubaines entendues dans "No hay problema", "Amado mio" ou encore "Donde esta Yolanda". Sans doute est-ce pour cela que c'est la chanson la plus proche de l'esprit du premier album, qui était très estival. Ici l'album évoquerait plutôt les saisons intermédiaires. "Hang on little tomato", qui a donné son titre à l'album, est une berceuse "cool jazz" tendre et pleine d'espoir s'adressant à une petite tomate qui n'a pas fini de mûrir. "Aspetta mi", dont la sublime mélodie arrive à la fin de l'album, parle elle aussi d'espérance. Mais globalement, on sent omniprésente une certaine mélancolie, plus proche des couleurs de l'automne. Ainsi en va-t-il de "Clementine", chanson dont l'intimité au rythme peut-être un peu trop binaire se fait envelopper peu à peu d'une instrumentation très subtile -- piccolo au départ, basse, puis cuivres jouant feutré et cordes, qui réservent au final un superbe moment. Plus que dans le caractère intime de la chanson, la mélancolie réside dans la mélodie, qui après un mouvement ascendant toujours rechute. "Autrefois", l'une des deux pistes chantées en français, est du même tonneau, même si elle est moins réussie sur le plan musical. Restent malgré tout quelques titres plus "festifs". Ainsi en va-t-il de Lilly, son cubain, ou de "The gardens of Sampson & Beasley" qui rappelle le "Watermelon Man" de Herbie Hancock. Ce dernier titre apporte un aspect plus jazz à cet album, confirmé par "Véronique", qui sent fortement le Chet Baker. On découvre également les accents très cap-verdiens des titres qui ouvrent et ferment l'album, "Let's never stop falling in love" et la quinzième chanson, non mentionnée sur la pochette, qui malgré un caractère plutôt exhubérant ne se départissent pas tout à fait de teintes plus sombres. D'autres régions de la planète sont explorées, mais l'exercice paraît plus artificiel, ou en tout cas moins réussi : "Dansez-vous", "Anna (El negro Zunbon)", et "Kikuchiyo to mohshimasu", en dehors d'un indubitable exotisme illustrant l'éclectisme et la remarquable capacité du groupe à jouer des musiques de tous horizons, restent en retrait. Sans doute parce que ces musiques d'ailleurs sont reprises telles quelles, sans véritable apport personnel. Personnel, "U Plavu Zoru" l'est plus mais mélange plusieurs styles entendus dans le premier album, ce qui n'en fait rien de vraiment nouveau sans être toutefois désagréable. Terminant "officiellement" l'album (puisqu'il est suivi d'une piste bonus), la "Song of the Black Swan" est une composition de Villa-Lobos, nous rappelant les bases classiques du pianiste et leader du groupe, Thomas Lauderdale. Après deux semaines d'écoute, me voilà rassuré : "Hang On Little Tomato" est le digne successeur de "Sympathique". D'inspiration plus mélancolique, il offre plusieurs instants sublimes (dans l'ordre : "Hang On Little Tomato", "Aspetta mi", "Una notte a Napoli", "Clementime" et la piste bonus), qui à eux seuls justifient l'achat de l'album. Le reste apportera une bouffée d'air frais venu des quatre coins du monde, et nous rappellera la grande qualité du groupe, ouvert à toutes les cultures et riche de musiciens irréprochables.

Crédits

Interprète Pink Martini
Ajouté le 24 octobre 2004

L'année 2004

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Références

Pochette de l'album

Pink Martini - Hang On Little Tomato

Heinz Records

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Je ne sais pas ce que je cherche, je veux écouter un truc au pif.

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