- Haut de la page
- Bobby Darin
- Central Line
- David Bowie
- David Bowie & Massive Attack
- Demis Roussos
- Eden Ahbez
- Fila Brazillia
- Frank Sinatra
- George Benson
- George Benson
- Grover Washington Jr
- James Brown
- Joe Pass & Ella Fitzgerald
- John Coltraine
- Johnny Hartman
- Kevin Mahogany
- Lisa Ekdal
- Massive Attack
- Miles Davis
- Milt Jackson
- Nat King Cole
- Nat King Cole
- Natalie Cole
- Phineas NewBorn
- Stan Getz & Paul Horn
- Commentaires
Variations autour d'un mystérieux étranger
Nature Boy
Cette chanson née pendant l'âge d'or de la chanson américaine porte sa part d'étrange. Et a inspirée du beau monde…
J'ai découvert cette chanson dans un recueil de partitions consacré à Nat King
Cole. Elle se détachait du lot par ses harmonies élaborées lui conférant
une aura de mystère. Vous pouvez écouter la version originale enregistrée par
ce chanteur en 1948(lien), qui fit un tabac (existe
également en version "stéréo élargie", les Américains
adorent faire ça(lien)). Sa fille
Natalie l'a d'ailleurs reprise dans un album intitulé "With love, Natalie Cole"(lien). Vous pouvez bien
sûr comparer avec la version par l'auteur lui-même, Eden Ahbez, qualifiée par les
connaisseurs de "beatnik jazz"(lien).
Cette chanson a également été à l'honneur dans (au moins) deux films
récents : Le talentueux Mr Ripley (par Miles Davis(lien)), lors
de la très ambigue scène des échecs au bain, et Moulin Rouge! (deux versions,
David Bowie seul(lien), au début de laquelle
on peut reconnaître la voix de Ewan McGregor, puis David Bowie avec Massive Attack(lien)). La chanson joue un
rôle important dans le film, puisqu'elle ouvre et clôt l'histoire, des bribes du
thème étant réintroduites de nombreuses fois durant son déroulement.
La chanson a connu de nombreuses reprises. Par de grands crooners, d'abord, tels que Frank Sinatra(lien) et Bobby Darin(lien) (qui trahit quand même
une peu l'esprit de la chanson), encore que ce ne soient pas leurs prestations les plus
enthousiasmantes. Plus intéressante, la version de James Brown(lien). Des
arrangements plus "latins" en ont été faits, à commencer par cet
extrait d'une compilation Starbucks(lien), chaîne de
café célèbre aux Etats-Unis, dont l'interprète m'est malheureusement
inconnu. Lisa Ekdahl, en a également donné son interprétation(lien), à la frontière
entre rythmique cubaine et jazz. Les jazzmen ont bien évidemment été
nombreux : côté instrumental, on compte Grover Washington, Jr(lien), John Coltrane(lien) (saxo dans les deux cas),
Milt Jackson(lien) (vibraphone,
enregistré lors d'un concert avec Oscar Peterson et Ray Brown) , le duo Stan Getz et Paul
Horn(lien) (saxo et flûte),
ainsi que Phineas Newborn(lien) (piano).
Côté voix, on trouve un Johnny Hartman(lien) délicieusement
swing, un Kevin Mahogany(lien) sympa, et la toujours
sublime Ella Fitzgerald accompagnée par le guitariste Joe Pass(lien).
Assez rare pour que ce soit noté, une version assez disco-funk (ne vous fiez pas aux premiers
accords!) de George Benson(lien) (une version longue existe
pour les amateurs(lien)). C'est l'une de mes
préférées.
Plus habituel, une version électronique par Fila Brazilia(lien), de
qualité également. Décidément cette chanson n'inspire pas la
médiocrité...
Enfin presque pas : il existe quand même des Nature Boy kitsch. D'abord dans le style
années 80, avec une boîte à rythme bien pourrie, et des choeurs, et une chambre
à écho... tout ça dû à l'inoubliable groupe Central Line(lien). Le grand Demis
Roussos a aussi apporté sa contribution(lien) au patrimoine de cette
chanson. Les nappes de son synthé sont indémodables (vraisemblablement parce qu'elles
n'ont jamais été à la mode)...
Les paroles font écho à la musique, à moins que ce ne soit le contraire :
elles évoquent un mystérieux étranger dont le message est simple mais
universel. On peut ricaner mais on peut aussi déceler le charme du mystérieux
garçon qui ne laisse pas indifférent le chanteur ou la chanteuse... Le
séduisant mystère de l'altérité...
There was a boy
A very strange enchanted boy
They say he wandered very far, very far
Over land and sea
A little shy and sad of eye
But very wise was he
And then one day
A magic day he passed my way
And while we spoke of many things
Fools and kings
This he said to me
"The greatest thing you'll ever learn
Is just to love and be loved in return"
"The greatest thing you'll ever learn
Is just to love and be loved in return"
Le texte n'étant pas très développé, une tradition unanimement
pratiquée veut qu'un long interlude musical précède la répétition
des deux derniers vers. Pour la petite histoire, Eden Ahbez, l'auteur de ces lignes, avait
changé d'avis sur la conclusion. Il avait en effet exprimé le souhait de remplacer le
dernier vers par :
Is to love and be loved, just to love and be loved"
Ce qui à mon avis sonne moins bien, mais qu'il justifiait ainsi : "To be loved in
return, is too much of a deal, and that has nothing to do with love." Pour plus de
détails sur sa "philosophie", vous pouvez consulter la transcription d'un entretien
radiophonique qu'il avait donné en 1992. Un tel mysticisme n'est d'ailleurs pas
étonnant, à en juger par cette photo, prise en 1943 : c'est le fils caché
de Jésus !
http://www.youtube.com/watch?v=u0_hX7UCHJQ&hl=fr
toute mon admiration...
et merci, j'aime beaucoup cette chanson !
Vos liens ne fonctionnent pas. Je souhaiterai savoir s'il existe un enregistrement complet des versions de "Nature boy". Comme vous, ma version préférée est celle de George Benson.